Six communes adoptent l’éco-pâturage

Les communes adoptent l’éco-pâturage ©Philippe Noisette
Les communes adoptent l’éco-pâturage ©Philippe Noisette

À l’initiative d’élus du territoire, des ovins, chèvres et poneys entretiennent des parcelles de six communes. Une alternative économique et écologique à la tonte.

Chèvres, moutons, brebis et poney de l’élevage Écopattes broutent tranquillement dans les parcelles en friche avec des ronciers appétissants. En effet, la Communauté de communes du Pays fléchois a conclu un contrat d’éco-pâturage avec plusieurs communes, l’éleveur Pierre Giroux et la Coopérative d’installation en agriculture paysanne de la Sarthe 72 (Ciap).

Au total six communes du territoire ont opté pour cette méthode d’entretien écologique, économique et respectueuse de la biodiversité, dans le cadre du dispositif « Territoire engagé pour la nature » : Clermont-Créans, La Fontaine-Saint-Martin, La Flèche, Ligron, Mareil-sur-Loir et Oizé. Soit une vingtaine d’hectares, des parcelles choisies en concertation avec les communes.

État zéro

En évitant la tonte, les mairies libèrent du temps pour les agents municipaux. Au fil des mois, les animaux se déplaceront de commune en commune selon un calendrier de rotation établi par l’éleveur et la Communauté de communes.

La collectivité y a réalisé au préalable un inventaire de la biodiversité. Cet état zéro va lui permettre de suivre son évolution, avec l’espoir de voir réapparaître certaines espèces au fil du temps.

À l’intérêt écologique de l’initiative s’ajoute une dimension patrimoniale : l’éco-pâturage permet en effet de valoriser des espèces menacées ou méconnues.

Ses  animaux font le boulot

Les animaux de Pierre Giroux font le boulot ©Philippe Noisette
Les animaux de Pierre Giroux font le boulot ©Philippe Noisette

La nature, le grand air, ses bêtes : il n’en faut pas beaucoup plus pour rendre Pierre Giroux heureux. Et ce d’autant plus qu’il y a quatre ans encore, il évoluait dans un tout autre domaine, celui de l’informatique. Il rêvait de grand air depuis toujours, mais ça paraissait impossible à cause de ses prothèses auditives, pas adaptées. Jusqu’à ce qu’un incident l’amène à en changer et à voir de nouvelles perspectives s’ouvrir à lui.

Après plusieurs stages chez des agriculteurs des Pays de la Loire, le jeune homme s’est lancé dans sa nouvelle activité avec le soutien de la Coopérative d’installation en agriculture paysanne (Ciap). Avec en tête une certitude : la volonté de créer un élevage en plein air, 100 % herbe, participant à la biodiversité du territoire.

Écopattes, parce que ce sont les pattes de ses animaux qui font le boulot, compte une cinquantaine d’agnelles landes de Bretagne, onze brebis, douze Ouessant et trois agneaux, dix chèvres et deux poneys mini-shetland. Autant d’animaux amenés à intervenir toute l’année dans des espaces publics ou privés, sur demande, dans un rayon d’une quarantaine de kilomètres autour de Ligron, pour limiter l’empreinte carbone.